Marcher et conter de l’autre bord de l’océan

marche_des_conteursDans trois jours, je quitte pour la 9e Marche des conteurs en France.  Elle se déroule cette année du 3 au 8 août dans le Nord-Pas-de-Calais, une région que je connais peu, voire pas du tout.  Je serai le seul québécois à conter avec des Français bien sûr, mais également un Belge, un Suisse, un Grec, des gens d’origines libanaise, italienne, mauritanienne, vénézuélienne, etc. Lire la suite

Que faut-il conter en 2015? (Réponse à Maxime Plamondon)

Bonjour Maxime,

Même avant que le Regroupement du conte au Québec ne diffuse plus largement ton billet « Pourquoi faut-il conter en 2015? » via sa page Facebook, d’autres conteurs me l’avaient relayé et souhaitaient que j’y réponde.  J’ai néanmoins pris mon temps…

D’une part, difficile lorsqu’on est conteur d’être en désaccord avec plusieurs des points que tu amènes: Oui, il faut conter encore aujourd’hui.  Oui, le conte favorise l’écoute dans une ère de moyens de communications et paradoxalement d’incommunicabilité.  Oui, trop de conteurs pratiquent la nostalgie et le folklorisme… (voir à ce sujet mon billet intitulé « Conter le pays« )  Oui, plusieurs sont technophobes et idéalisent le passé. Oui, le conte stimule l’imaginaire et son accessibilité est l’une de ses forces (voir mon texte « Pourquoi je conte« ).  J’aime beaucoup l’idée que « Le conteur moderne est un conteur engagé et doit proposer des pistes de solution afin contribuer à l’avancement social. »  Pas sûr que ce soit pour tout le monde ou du moins que l’avancement prenne nécessairement une forme militante pour tous…

D’autre part, avant d’ouvrir les hostilités je tiens à te remercier pour ce texte courageux, devant lequel il est difficile de rester indifférent et qui permet aux conteurs de se positionner.  Tu ne m’en voudras pas trop si c’est précisément ce que je veux m’employer à faire dans les prochains paragraphes… Lire la suite

Transfuges de l’humour: intéressants pour les conteurs?

Article intéressant paru dans La Presse ce week-end en marge du Gala des Oliviers.  La journaliste Chantal Guy a eu la bonne idée d’interviewé trois comédiens (Valérie Blais, Emmanuel Bilodeau et Fabien Cloutier) qui fréquentent désormais les scènes du milieu de l’humour.  Il me semble que pour nous conteuses et conteurs qui avons un rapport inconfortable avec l’humour, qui rêvons (ou cauchemardons, c’est selon) d’une École de conte et qui cherchons notre place souvent entre la tradition théâtrale et la machine du rire, il a matière à réflexion.

Lire la suite

Jouer dans le sable, version XXIe siècle

Comme d’autres, j’aimais jouer dans le sable quand j’étais petit.  Je m’imaginais des villes, des châteaux, des batailles…  Bref, des histoires!  Voici qu’une récente visite à Lyon m’a permis de découvrir comment un bon vieux bac à sable et un dispositif technique (finalement assez rudimentaire) permettent de jouer avec les grains et la lumière pour réactualiser ce jeu presque atavique.  Fallait y penser!

Au moment de mon passage au Centre Érasme (un living lab sur les usages technologiques), on expérimentait avec un bac à sable avec réalité augmentée où un dispositif – développé au MIT – associe une Kinect 3D  à un projecteur multimédia.  Cela permet de créer des montagnes (avec cimes enneigées), des vallées verdoyantes, des rivières et des lacs tout bleus, juste en jouant avec le relief du sable… On peut même faire pleuvoir en agitant la main au-dessus du paysage.  De quoi se prendre pour Dieu!  Le code du MIT étant libre, Érasme l’a récupéré et cherche à quel usage cela pourrait servir dans les musées ou en formation.

La vidéo aide à mieux comprendre ce qui se produit…

MAJ 08/04/2015: Une amie me suggère cet autre clip où des enfants s’amusent avec le dispositif que l’on aperçoit quelques secondes… Sous les conseils de leur père, ils explorent vraiment les limites du jeu.

Du contexte idéal pour conter (cercle de décembre dernier)

Depuis deux ans, le Cercle des conteurs des Cantons de l’est (dont j’ai le grand plaisir de faire partie) offre à ses membres une discussion thématique mensuelle.  En décembre dernier, nous étions peu nombreux, mais la discussion a porté sur un thème aussi délicat qu’important…  Suite à des expériences de contage difficiles, qu’est-ce qui fait que c’est plus ou moins facile de conter?  Quel est le contexte idéal?  La fée Mirage qui avait suggéré ce thème en a fait un résumé que je vous cite partiellement, avec son autorisation: Lire la suite

Les rapports entre le conteur et son conte, selon Jihad Darwiche

conte_oriental

 

J’ai lu cet automne Le conte oriental de Jihad Darwiche (coll. « L’espace du conte », éditions Édisud, 2001) .  Si le livre contient de l’information intéressante sur la place du conte dans la culture libanaise, ainsi que plusieurs jolies histoires (dont celle, très belle, de « Antara ibn Chaddad » qui me touche particulièrement…) ce sont surtout les dernières pages que j’ai retenues.  Il est beaucoup question de la relation entre le conteur et ses contes. Lire la suite

L’atelier qui n’aura pas lieu… cette fois-ci

J’avais parlé ici de l’atelier « Enrichir son répertoire » que je devais donner cet automne à la Maison des arts de la parole.  Il n’y a eu que deux inscriptions.  Il en aurait fallu dix.  L’atelier est donc officiellement annulé… ou du moins remis à plus tard.  Je pense que la fée Mirage avait le mieux résumé l’idée derrière cette formation:, avec ces mots Lire la suite

Grande Virée 2014 : La récolte de mes semailles

Une partie de moi voudrait crier : « Y’avait pas de but, c’était une expérience à vivre… Il fallait que je le fasse.  C’est tout!  Ça ne se comptabilise pas. »  Et ça ne serait pas faux.  Mais peut-être parce que je suis plutôt rationnel et parce que c’était un projet fou, peut-être parce que j’ai passé l’été à dépenser temps et argent pour me préparer, parce que je me suis éloigné de ma famille et de mon travail pendant une douzaine de jours… Toujours est-il que j’éprouve le besoin d’élaborer sur ce que cette aventure m’a apporté.  Lire la suite