À la pêche au poisson doré (3): mes choix… ma version

poisson_dore_story_loversJe crois que c’est ici que se manifeste une bonne part de ma créativité (liberté?) comme conteur.  Elle aura d’autres espaces: interprétation, ordre d’apparition des contes sur scène, etc.  Mais pour moi, développer ma version à partir d’éléments traditionnels et d’autres plus personnels est un réel plaisir et une occasion d’exprimer comment un conte me fait vibrer, ce qu’il touche en moi.  Par ailleurs, j’ai l’impression de participer à un mouvement ancien, où chaque nouvelle génération d’artistes ajoute à un édifice tout en valorisant la trame initiale.

Notons que je me sens cette liberté parce que j’ai fait le travail en amont de consulter plusieurs versions.  Il m’apparaît ainsi que je saisis assez bien la syntaxe du conte pour ne pas la trahir.  Ainsi, dans le cas qui nous intéresse… Lire la suite

Des réflexions dans la bonne direction

Le conteur Marc-André Fortin me signale cette journée de réflexion de l’APAC (Association professionnelle des artistes conteurs) en France qui aura lieu le 6 mai prochain autour de la question de l’évaluation des pratiques.  Elle complète un cycle de trois rencontres sur l’exigence artistique.  Les questions posées par les organisateurs nous concernent tous, me semble-t-il: Lire la suite

À la pêche au poisson doré (2): comparer des versions

Soyons honnête: je ne suis pas aussi systématique avec l’étude de tous les nouveaux contes que j’apprends.  Quand on a que deux ou trois versions, on arrive à faire des comparaisons dans sa tête.  Toutefois, lorsque l’on doit en manipuler six ou plus… c’est une autre histoire. Lire la suite

Kessa Kena Gananina et Jean de l’Ours: même combat?

Qu’est-ce que j’aime quand les histoires nous font ce genre de pirouettes…  J’avais déjà évoqué le phénomène en lien avec le Cheval blanc présent dans plusieurs de mes contes… de diverses manières.  Voilà que les deux héros en apparence assez différents de deux de mes histoires (que je croyais différentes) se confondent.  Dans l’absolu, je conçois bien que tous les héros vivent une quête et affrontent les forces du mal, mais cette fois-ci les parallèles sont quand même un peu plus prononcés..

mandingue_woulli_peuples_senegambie_athus_bertrand220px-JeandelOurs Lire la suite

À la pêche au poisson doré (1): trouver le conte

Nouvelle série de billets où je veux prendre conscience de la manière dont je m’approprie une histoire pour la conter, de la recherche du récit à la mise en scène en passant par toutes les étapes intermédiaires (mise en contexte, en sens, en images, en canevas, en mémoire, en corps, en gestes, en bouche, en voix).

Prendre conscience de ce processus, soit, mais aussi le rendre public pour l’interroger collectivement.  Je partage comment je fais, mais je veux savoir comment vous faites. Est-ce que j’oublie quelque chose?  Est-ce que j’en fais trop?  Qu’est-ce qui marche pour vous?

pecheur_et_femmeUn prétexte: l’apprentissage de « La femme du pêcheur« , conte traditionnel dont la structure est assez simple.  Vous savez, le pêcheur qui remet un poisson à l’eau et obtient des voeux en échange, mais dont l’épouse veut toujours davantage…  Mais je vais trop vite… Lire la suite

Un conteur relit _Comme un roman_ de Pennac

comme_un_romanJe l’avais déjà lu dans les années 1990, un peu pour faire comme tout le monde.  C’était alors la mode et je suivais des cours de littérature…  Mais ma douce a eu la bonne idée de me l’offrir pour Noël (après que j’eue laissé traîner un feuillet publicitaire où je l’avais entouré – on a la subtilité qu’on peut…).  Ça se dévore: trois petites heures et ça y était.  Mais j’ai surtout réalisé cette fois-ci à quel point Pennac parlait aux conteurs…  Pas qu’aux professionnels, s’entend, plutôt aux conteurs en chacun de nous.  Mais, de là, il devient facile d’extrapoler.  En fait, Pennac parle de comment naît l’amour des livres chez les jeunes lecteurs.

Son propos général est de faire aimer les livres, soit.  Sauf que l’amour des livres dont il parle passe par l’amour des récits.  J’y vois l’occasion idéale de se mettre dans la peau de notre public. Qu’est-ce qui nous touche, nous conteurs, lorsque nous sommes, à notre tour, auditeurs? …Et de nous mettre à chercher comment toucher ce public pour le voir se multiplier.  Nous avons clairement un rôle à jouer dans la transmission de cet amour des histoires… Lire la suite

Les billets non-écrits de 2013

Afin de débuter 2014 du bon pied, j’éprouve le besoin de vider ma mémoire de tous les billets que j’aurais aimé écrire en 2013, mais n’ai pas écrit faute de temps, par pudeur, paresse ou par souci de circonspection. C’est aussi une occasion de bilan par ce qui n’a pas été rendu public jusqu’ici. Ce n’est pas forcément intéressant pour les lecteurs, j’en conviens.  D’un autre côté, c’est peut-être l’occasion de vous manifester: y’a-t-il un ou l’autre de ces billets hypothétiques que vous auriez particulièrement aimé lire?

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Stories We Tell: la cinéaste Sarah Polley pose de bonnes questions

Comme plusieurs, j’ai été profondément touché par Stories We Tell (Les histoires qu’on raconte, 2012) de l’actrice et réalisatrice canadienne Sarah Polley (Away from her, Take This Waltz).  Ce film qui mêle entrevues, films d’archives et reconstitutions est pressenti pour une nomination comme meilleur documentaire aux Oscars.  On peut le télécharger (en payant) à partir du site de l’Office national du film.

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Des jeux pour jouer à conter (3/3)

[Je termine ma série de billets sur les jeux qui font conter pour donner des idées cadeaux.  La série commence ici et se poursuis .  Aujourd'hui, je traite des jeux que je n'ai pas eu la chance d'essayer, mais dont je dispose et que j'ai lu.  Si quelqu'un se porte volontaire pour être cobaye, je suis toujours prêt à remédier à la situation... Je termine enfin par des jeux dont j'ai pris connaissance mais qui ne se sont pas rendus à moi.  Père Noël?]

Jeux jamais essayés, mais en ma possession:

Do : Pilgrims of the Flying Temple (Evil Hat Productions):

Jeu très joli et sympathique de do_couverturebelle production (couverture rigide, quelques illustrations en couleurs et plusieurs magnifiques esquisses noir et blanc).  Le jeu a bénéficié d’une campagne de socio-financement pour voir le jour en 2011. Il se définit comme un jeu de contage collaboratif (Cooperative Storytelling Game) « à propos d’aider les gens et de se mettre dans le pétrin ».

Les pèlerins du Temple volant sont de jeunes moines qui viennent en aide à quiconque les interpellent au moyen de lettres envoyées mystérieusement au Temple.  Les joueurs vont incarner ces moinillons un peu écervelés, mais pleins de bonnes intentions.  Les noms des personnages, composés de deux particules, reflètent cette aptitude à aider… et à se mettre les pieds dans les plats!  Par exemple, le pèlerin Chat Endormi aide les gens grâce à son agilité, mais à tendance au sommeil aux plus mauvais moments.

L’univers de jeu, assez onirique, est un monde aérien composé d’îlots de terres ou planètes entre lesquels les pèlerins volent littéralement au secours des rédacteurs des lettres d’aide.  Outre des myriades d’oiseaux, des baleines volantes et des montgolfières traversent le ciel.  Le petit prince de St-Exupéry est cité comme une source d’inspiration. Lire la suite