Textes Festival 2012 (2) : mes réponses aux quatre pourquois

[À l’occasion du 20e anniversaire du Festival, la fée-marraine a demandé à une dizaine personnes de répondre aux quatre questions suivantes…  Pour ma part, j’ai partagé ces réflexions le dimanche 14 octobre, avant le très beau spectacle de Christèle Pimenta. Le lecteur attentif  reconnaîtra probablement des bribes d’autres textes ayant déjà circulés sur ce blogue.]

Pourquoi conter?

Certains content par amour des histoires, d’autres pour être reconnus par leur communauté. Certains content pour que leur communauté se rappelle ses propres histoires et s’y reconnaisse. D’autres content pour que la communauté s’en inspire et ait envie de… plus.

J’ai souvent pensé que les contes étaient les premiers rêves de l’humanité que s’étaient raconté nos lointains ancêtres. On a conté pour expliquer l’orage, le soleil, la lune, la mort du monde à l’hiver et sa renaissance au printemps. À chacun ses raisons, mais personnellement je conte pour donner du sens au monde; donner du sens à un monde qui en a de moins en moins à mes yeux.

Pourquoi nourrir l’imaginaire?

Dans « imaginaire », il y a « images », « magie » et… « air ». Des images, vous en verrez sûrement tout plein pendant le Festival.  Et ce n’est pas avec des amateurs de contes que j’ai besoin d’insister sur l’importance de la magie… Ces images, cette magie, c’est justement de l’air frais dans une société où ça sent de plus en plus le renfermé sur soi-même.  Ça permet de respirer.

Pourquoi valoriser la langue?

Parce qu’environ 25 langues meurent chaque année.  S’en servir pour dire nos inquiétudes et nos aspirations, c’est la meilleure façon de les garder vivantes. Mais manier la langue peut aussi l’embellir.  Quelqu’un qui sait jouer avec la langue, qui la possède assez pour l’approfondir, la triturer un peu, parfois jusqu’à la renouveler, n’est-ce pas magnifique? Dans plusieurs sociétés traditionnelles, les outils ne sont pas que des instruments fonctionnels et jetables. Les ustensiles, les vêtements, les armes, le matériel de ferme sont de véritables œuvres d’art que l’on est fier de transmettre à nos enfants.  Est-ce que la langue n’est pas un outil assez fondamental pour qu’on la traite avec un tel respect ?

Pourquoi prendre la parole?

Parce que personne ne le fera pour nous.  D’aucuns sont très contents que nous nous taisions et soyons consommateurs avant d’être citoyens. Mais les maîtres-conteurs que j’ai côtoyé ces dernières années m’ont appris que prendre la parole comportait aussi la responsabilité d’être digne de l’attention que les autres nous portaient.  Prendre la parole, c’est devoir être plus pertinent que le silence. Inutile de dire que, dans nos sociétés hypermédiatisées, ce n’est pas toujours le cas.  Je vais donc me taire.

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